La maladie de cushing est une pathologie courante et aujourd’hui bien détectée sur les équidés.
Celle-ci entraîne un grand nombre de symptômes et rend la vie du cheval difficile à gérer.
Elle touche principalement les chevaux d’âge mûr mais se retrouve également sur des sujets plus jeunes.
- Définition
Ce syndrome est souvent assimilé à la maladie de Parkinson chez l’homme car il s’agit d’une maladie neurodégénérative souvent liée à l’âge.
En effet, elle touche 20 à 30% des équidés de plus de 15 ans mais peut également concerner des sujets plus jeunes. Il n’y a pas de récurrence en fonction d’une race ou du sexe de l’animal.
- Historique
Le syndrome de Cushing doit son nom du neurochirurgien américain qui l’identifia en 1932.
Bien que les caractéristiques démographiques des chevaux puissent varier selon les populations équines, l’amélioration de la nutrition et des soins apportés aux chevaux ont entraîné une augmentation de leur espérance de vie. Les chevaux âgés font aujourd’hui plus souvent l’objet de consultations vétérinaires et donc la maladie est plus souvent détectée.
Dans les années 1970, l’incidence du syndrome de Cushing était estimée entre 0,0075 et 0,5 % de la population équine totale. Le diagnostic de cette maladie a progressé depuis grâce à une meilleure connaissance de la maladie, au développement de nombreux tests diagnostiques et à l’augmentation de la population des chevaux âgés.
- DESCRIPTION
- L’ACTH :
Cette maladie est caractérisée par une sécrétion excessive de l’ACTH (hormone adrénocorticotrope) par l’hypophyse, responsable de la sécrétion de cortisol (hormone du stress) par les glandes surrénales (au-dessus des reins).

Chez les chevaux sains, l’hypothalamus sécrète de la dopamine (neurotransmetteur clé du cerveau) qui va avoir un effet de frein au niveau de la production et de la sécrétion de l’ACTH par l’hypophyse.

Alors que pour un cheval atteint de PPID, l’atteinte neurodégénérative entraîne une diminution de la production de Dopamine, donc un taux d’ACTH plus élevé et une augmentation du Cortisol. Cette perte d’inhibition par la dopamine serait due également à la fois à un stress oxydatif et à une augmentation de la synthèse de certaines protéines avec l’âge.

CONSEQUENCES :
Un taux d’ACTH trop élevé entraîne un emballement des glandes surrénales et donc une production trop importante de cortisol.
Ainsi, l’excès de cortisol entraîne un stress important au niveau de l’ensemble de l’organisme, ce qui peut notamment entraîner la mort de cellules cérébrales en les stimulant à l’extrême et en empêchant la formation de nouvelles cellules.
- AUTRES HORMONES
Un fonctionnement anormal de l’hypophyse entraîne également un dérèglement d’autres hormones qui engendrent différents types de problèmes : comportements différents, baisse des défenses immunitaires, modification des phanères,…
L’hypophyse sécrète différentes hormones en plus de l’ACTH :
- La GH : hormone de croissance qui stimule les tissus, le métabolisme énergétique, et assure une croissance harmonieuse
- La TSH : hormone qui agit sur la glande thyroïde, qui règle notamment l’activité métabolique
- La prolactine : qui agit sur les glandes mammaires
- La FSH et la LH : qui agissent sur les organes reproducteurs
- La MSH : qui agit sur la peau
- L’ADH : qui contrôle le volume d’urine sécrétée
- L’ocytocyne : qui agit sur les glandes mammaires et stimule les contractions de l’utérus
Voici un schéma montrant les principales hormones sécrétées par l’hypophyse et leurs principales cibles :

CONSEQUENCES :
Elles sont multiples car les hormones vont cibler différents organes du corps qui eux-mêmes ont des conséquences sur d’autres organes.
Chaque cheval va donc réagir différemment en fonction de son métabolisme ; c’est pourquoi il est important de savoir déceler tous les symptômes pouvant découler de cette pathologie.
- Symptômes et détection de la maladie
- Symptômes fréquents :
Comme nous l’avons vu précédemment, le dérèglement de l’hypophyse a des conséquences sur la sécrétion de diverses hormones ayant elles-mêmes des conséquences sur différents organes ou parties du corps.
Je vais essayer de lister ici les principaux symptômes, mais cette liste n’est pas exhaustive et les conditions de vie de l’animal peuvent aussi influer sur l’émergence d’autres problèmes. De plus, le syndrome de cushing est, rappelons-le, surtout représenté chez une population d’équidés âgés qui peuvent avoir, à côté de cela, d’autres pathologies. C’est ce qui fait toute la difficulté de traiter cette maladie.
- L’hirsutisme
C’est un symptôme très spécifique de cette maladie. Il se détecte assez facilement car il est très visible. Le propriétaire qui connaît d’ailleurs bien son animal pourra être alerté lorsque son cheval met un poil inhabituellement long (phase précoce) qui a des difficultés à tomber lors de la mue printanière.

- La fourbure
Le syndrome de cushing est la deuxième cause de fourbure d’origine endocrinienne et elle est présente sur environ 1/3 des cas de PPID. La fourbure est une des complications les plus sévères.
- Léthargie, abattement
Cette maladie mettant en cause de nombreuses hormones, elle va donc avoir des conséquences sur l’état « émotionnel » de l’animal. Le cheval va avoir moins d’entrain, être plus solitaire, devenir plus « agressif »… Ce sont autant de changements qui doivent alerter le propriétaire.
- Fonte musculaire :
Comme vu plus haut, l’hormone GH (hormone de croissance) sécrétée par l’hypophyse agit sur les fibres musculaires. Une modification de cette hormone peut engendrer des pathologies musculaires dont le plus souvent une diminution générale de la masse musculaire.
La production de collagène est notamment diminuée, ce qui rend les muscles moins élastiques.
Cela s’observe notamment au niveau de la ligne du dos qui se creuse de part et d’autre de la colonne vertébrale y compris sur le haut de la croupe. L’abdomen va également perdre de sa tonicité et se mettre à pendre.

- Baisse du système immunitaire :
Le système immunitaire du cheval va plus rapidement s’épuiser et devenir moins performant pour combattre les attaques de l’extérieur.
L’animal sera donc plus susceptible d’attraper des infections de la peau, des sinusites, des abcès aux pieds…
Un cheval présentant des démangeaisons fréquentes sera peut-être porteur de poux car ces parasites profitent d’un système immunitaire affaibli pour se développer. Dans ce cas, les poux ne sont pas le problème principal mais une conséquence du syndrome de Cushing.
Des zones présentant une absence de poils sont le signe d’un problème dermatologique dû probablement à un parasite. Sur cette photo, l’épaisseur du poil ajoutée à l’humidité a provoqué le développement d’un champignon chez un cheval déjà affaibli par sa maladie.
- Augmentation de la consommation d’eau et de la production d’urine :
Ces symptômes sont liés à la forte concentration de cortisol qui augmente la filtration au niveau des reins et donc l’émission d’urine. Le cheval boit davantage dans le but de combler ce déficit de fluide dans l’organisme.
- Sudation excessive :
Cette sudation excessive se situe souvent au niveau des plis du coude et du grasset même si le cheval est tondu. Dans ce cas, il faudra être vigilent quant à la perte d’oligo-éléments et compenser par la prise d’électrolytes.
- Accumulation anormale de graisse :
Cela apparaît notamment au-dessus des yeux, de l’encolure, à la base de la queue et des postérieurs mais aussi au niveau de l’abdomen ce qui renforce l’effet de ventre lâche. Cela est probablement dû à la mauvaise assimilation des protéines par le cortisol.

- Problèmes neurologiques :
Certains chevaux peuvent devenir aveugles, ataxiques, narcoleptiques, avoir des troubles de l’équilibre… Cela complique grandement la vie du cheval et peut devenir dangereux pour lui-même mais aussi pour les personnes ou animaux qui l’entourent.
Ces problèmes peuvent s’expliquer par une diminution du nombre de neurones dopaminergiques qui sont très sensibles au stress (excès de cortisol).
- Problèmes cardiaques :
Les troubles cardiaques sont moins évoqués que les symptômes précédents. Pourtant, comme nous l’avons vu, l’augmentation de cortisol génère un stress pour l’organisme du cheval, ce qui peut influer sur le rythme cardiaque, d’autant plus si l’animal présente déjà une pathologie – même légère – à ce niveau.
- Problèmes musculaires, tissulaires
En vieillissant, un animal même en bonne santé va connaître des difficultés locomotrices : arthrose, arthrite, rhumatismes, raideurs musculaires,…
Mais avec le syndrome de Cushing, cela peut être aggravé notamment par une diminution de la production de collagène qui entraîne un défaut d’élasticité au niveau des tendons et des ligaments. En effet, la production de collagène est influencée par différentes hormones qui sont elles-mêmes impactées par le dérèglement de l’hypophyse.
Cela peut donc provoquer des desmites, des tendinites, des déplacements articulaires, ….


Tous les symptômes présentés ici ne sont pas exhaustifs car ils dépendent des individus, de leur santé et de leurs conditions de vie.
Afin d’être sûr que son animal souffre de cette pathologie, il est nécessaire qu’un diagnostic soit posé.
- Moyens de détection et de contrôle :
- Dosage de l’ACTH :
Afin de contrôler si l’animal présente un taux anormal d’ACTH, il est possible de réaliser une prise de sang, de préférence le matin.
Attention car ce taux peut fluctuer au cours de la journée mais également au cours de l’année et de différents facteurs (stress, exercice, maladie,…).
Au moment de la prise de sang, il est judicieux de connaître les valeurs de base pour chaque mois et ainsi pouvoir comparer les résultats obtenus avec des données recueillies (voir schéma ci-dessous).

Si le résultat obtenu reste incertain, d’autres tests existent.
- Test de suppression à la dexaméthasone :
Ce test met en valeur la difficulté d’un sujet atteint du syndrome de Cushing à faire diminuer le taux du cortisol injecté la veille alors qu’un cheval sain retrouvera rapidement un taux de cortisol normal.
- Test de stimulation à la TRH :
L’injection de TRH va, chez un individu atteint de Cushing, faire augmenter le taux d’ACTH alors qu’un cheval sain ne présentera pas de fluctuation.
Ces trois tests sont à réaliser plutôt dans cet ordre par un vétérinaire et contrôlés dans un laboratoire agréé.

N’hésitez pas à me laisser un petit mot ! Merci